Bangkok

MEURTRE A KOH TAO – Verdict attendu à Noël d’un procès en eaux troubles

Les deux jeunes sans papiers birmans accusés du meurtre avec viol de deux touristes britanniques en septembre 2014 sur une plage de l’ile de Koh Tao devraient entendre leur verdict  le 24 décembre, a fait savoir l’un de leurs avocats à l’issu d’un procès qui aura fait apparaitre plus d’ombre que de lumière.

Le procès de Win Zaw Htun et Zaw Lin, deux sans papiers birmans, dans l'affaire du meurtre de deux touristes britannique en septembre 2014 sur l'ile de Koh Tao, s’est terminé ce week-end sur les allégations de tortures policières et d'abus sexuels par les deux accusés qui avaient avoué le crime en octobre 2014 avant de se rétracter quelques jours plus tard.

"Le verdict sera rendu le 24 décembre," a indiqué à l’agence Reuters, l’avocat principal Nakhon Chompuchat. "Nous avons toujours une chance de gagner," a-t-il ajouté, soulignant les nombreuses zones d’ombre dans l’enquête de police, comme le fait de n’avoir pas bouclé l'ile ni même la scène du crime dans les moments qui ont suivi la découverte des corps, qui pourraient jouer en faveur de la défense.

Durant ce procès, qui a débuté en juillet, les avocats ont en effet mis l’accent sur les inconsistances de l’enquête notamment sur l’aspect des preuves scientifiques.

Les corps sans vie de Miller et Witheridge avaient été retrouvés le 15 septembre en partie dénudés sur une plage de l’ile réputée tranquille de Koh Tao.

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Selon la police, Miller avait été frappé une seule fois à la tête et son ou ses meurtriers l’avaient laissé se noyer, inconscient, dans les vaguelettes du bord de plage, tandis que Witheridge avait été violée puis battue à mort avec une houe de jardin.

L’arrestation le 2 octobre 2014 des deux jeunes birmans avait rapidement suscité des questions au sein de l’opinion, de la presse et même des autorités birmanes sur la sécurité des touristes en Thaïlande, la compétence et l’intégrité des forces police du royaume et le traitement des travailleurs immigrés.

Les avocats de Zaw Lin et Win Zaw Htun ont d’ailleurs mis l’incompétence policière et la dissimulation de preuves au cœur de leur défense.

Ils ont notamment pointé en premier lieu le fait que la police n’avait pas sécurisé la scène du crime, laissant libre accès aux badauds durant les premières heures suivant la découverte des corps.

A cela sont venues s’ajouter les accusations de torture de la part des deux accusés, corroborées par plusieurs témoignages d’autres Birmans appréhendés dans le cadre de cette enquête.

Le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha avait accepté, quelque peu à contre coeur, d’autoriser des enquêteurs de la police britannique de se rendre en Thaïlande pour suivre l’enquête afin de rassurer les familles des deux victimes sur la transparence et la rigueur de l’enquête.

Mais les policiers britanniques ont refusé de rendre leur rapport public et les deux accusés n’ont pu obtenir du tribunal en août d’avoir accès aux conclusions de cette contre-expertise indépendante.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme se sont intéressées à ce procès, et soutiennent que les deux jeunes birmans ne sont que des bouc-émissaires faciles compte tenu de leur statut de travailleurs immigrés.

Les deux hommes ont plaidé non-coupable et risquent la peine de mort s’ils sont condamnés dans cette affaire qui a terni la réputation de la Thaïlande comme paradis touristique.

Chaque audience apporte son lot de doutes

Le procès qui s'est ouvert en juillet n'aura finalement fait que confirmer les doutes sur la solidité du dossier.

Lors de la première audience, la police avait avoué que certains échantillons ADN déterminants pour la défense avaient été épuisés avant que celle-ci ne puisse les faire réexaminer par des experts indépendants. Un témoin avait également avoué devant le tribunal avoir déplacé et lavé l'arme du crime, une houe de jardin, peu après que les corps des deux touristes avaient été retrouvés.

Lors de l’audience du 22 juillet, le responsable de l’enquête, le Colonel Cherdpong Chiewpreecha, avait avoué au tribunal de Koh Samui que son équipe n’avait pas jugé utile d’examiner les enregistrements vidéo de caméras de surveillance donnant sur le ponton situé à proximité de la scène du crime d’où un bateau de traversée était parti une heure environ après le moment du double meurtre.

Le Colonel Cherdpong avait également déclaré que son équipe n’avait pas cru bon d’enquêter sur les rumeurs d’une altercation entre Hannah Witheridge et le fils du chef de l’ile de Koh Tao, politicien local, dans la nuit du 14 au 15 septembre.

Pourtant, l’une des théories les plus fréquemment avancées par ceux qui croient en l’innocence des deux Birmans est l’implication d’une ou plusieurs personnalités locales, ce qui expliquerait selon eux les nombreux couaques de la part des autorités et une certaine opacité voire carrément une obstruction à la quête de vérité dans cette affaire.

Les journalistes admis dans le tribunal n’ont d’ailleurs pas eu le droit de prendre de note durant le procès. Et plusieurs média internationaux ont déclaré avoir du mal à trouver des interprètes, ceux-ci se disant menacés par des gros bras locaux. Les journalistes étrangers qui ont assisté aux audiences depuis juillet se sont dit surpris de voir aussi peu de leurs confrères thaïlandais à ce procès au retentissement international.

Un ami de Miller, avait également dit avoir été forcé de quitter l’ile après avoir été menacé de mort par des hommes de main locaux.

A l'audience du 11 septembre, c'est la directrice de l’institut médico-légal thaïlandais, Porntip Rojanasunan, qui a carrément mis en défaut l'un des fondements du dossier en affirmant que l’ADN des deux sans papiers birmans sur le banc des accusés ne correspondait pas à celui retrouvé sur l’arme du crime présumée.

La presse britannique souligne qu’un nombre incroyablement élevé de Britanniques meure chaque année en Thaïlande. En 2014, 362 Britanniques ont perdu la vie dans le royaume.

P.C. avec Reuters (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) mardi 13 octobre 2015


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