Berlin

FAB-LAB - Le succès du laboratoire participatif de Berlin

Le phénomène des Fab Labs, inventé dans les années 90 aux Etats-Unis, est ingénieux mais très éphémère. Proposer un libre accès à des machines technologiques et à un espace de travail est loin d'être propice à une base économique solide. Mais le Fab Lab de Berlin a trouvé son équilibre pour évoluer... et c'est loin d'être fini  !

Il faut traverser un bâtiment désaffecté de la Prenzlauer Allee pour trouver le Fab Lab de Berlin. Une vingtaine de personnes tourbillonnent dans un laboratoire technologique entre les espaces de travail, les tables et les canapés. Sur un des sofas, Murat Vucuru discute avec quelques visiteurs. Il est l'un des trois fondateurs de ce Fab Lab  : "Nous avons commencé ce projet en 2013. Nous étions trois dans une petite chambre de 15 mètres carrés et deux ans plus tard, nous nous sommes étalés sur près de 600 mètres carrés" . Le Fab Lab berlinois connaît, en effet, une forte ascension par rapport à ses homologues étrangers, toujours à la recherche d'une base économique stable.

 

 

Une culture du «  do it yourself »
Par définition, un Fab Lab (contraction de «  fabrication laboratory  ») est un lieu d'échange ouvert à tous. Les visiteurs y amènent leur savoir-faire pour le mettre à la disposition du groupe. L’accès est entièrement libre et gratuit, à l'exception d'un working-space tout équipé disponible en location. Plusieurs machines spécifiques sont installées dans le laboratoire et sont accessibles sous la surveillance d'un membre du personnel. Le Fab Lab de Berlin est doté de dizaines d'appareils allants de l'imprimante 3D à la découpeuse de vinyle.
 Pour survivre et fonder un  business model , le Fab Lab loue ses outils à la durée. L'espace reste libre mais l'utilisation des instruments nécessite un abonnement par carte. Le prix va de 10 centimes par minute pour le laboratoire destiné au textile à 1 euro et 60 centimes par minute pour un cutter laser Trotec.

 

 

Le Fab Lab de Berlin organise également de nombreux ateliers pour apprendre à se servir des différents appareils. Ils sont organisés chaque semaine et rassemblent toujours plus de curieux. Selon Murat Vucuru, 200 personnes viennent au moins deux fois par mois profiter des services du Fab Lab. Ce chiffre s'explique par une culture du « système D » en Allemagne et plus précisément dans sa capitale, avec notamment l’évolution des repair-cafés. "De nombreux Berlinois se rapprochent de ce genre de structure pour limiter leurs dépenses" , explique une ancienne membre du laboratoire. En venant au Fab Lab, ils ont aussi la possibilité de discuter avec une équipe de neuf permanents. Ces derniers aident chaque visiteur à transformer des idées en produits. Ainsi, de nombreux amateurs de nouvelles technologies se tournent vers eux pour avoir des conseils avisés. Le Fab Lab tient à n'exclure personne et s'est même récemment penché du côté de la jeunesse avec le Junior Lab. L'équipe du laboratoire organise des ateliers ludiques et éducatifs autour des machines. Ce programme est destiné aux jeunes de 8 à 14 ans et, pourquoi pas, à de futurs grands ingénieurs.

 

 


Une «  Silicon Valley  » à Berlin
Contrairement à la majorité des Fab Labs dans le monde, l'établissement berlinois ne perçoit aucune aide de la part de l'Etat. Pour continuer son activité, ce Fab Lab est passé du statut d'organisation à but non-lucratif à celui d'entreprise, en 2014. Le laboratoire s'entretient par ses propres forces... enfin presque. S'il se développe aussi bien c'est en partie grâce à des entreprises et des investisseurs privés. 50% de ses revenus proviennent des entreprises, dont une en particulier; Ottobock, un laboratoire spécialisé dans les prothèses mécaniques. Les deux institutions travaillent en étroite collaboration, créent de nombreux projets et animent des meetings.

 

 

Leur collaboration devrait donner naissance à l'Open Innovation Space : une seconde « Sillicon Valley made in Berlin », après le projet Factory à Mitte. Le campus devrait s'implanter, à l'aube de 2020, à la place de la Bötzow Brauerei, une vieille brasserie désaffectée de la Prenzlauer Allee. Ce nouvel espace devrait également regrouper d'autres entreprises autour d'un même pôle : l'innovation technologique. Le Fab Lab de Berlin devra donc, une nouvelle fois, déménager dans les prochaines années. Le laboratoire devrait s'agrandir et multiplier les projets au cœur du prochain centre d'innovation berlinois. Hans Georg Näder, directeur d'Ottobock, prévoit également d'y implanter son usine de fauteuil roulant et d'y créer un espace culturel et d'échange.


Antoine Belhassen (www.lepetitjournal.com/berlin) vendredi 9 octobre 2015

 

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