Éducation

HEC MONTRÉAL – "Les élèves des lycées français à l’étranger nous intéressent pour leur capacité d’adaptation"

Yvette Cogne est la directrice du Bureau International Europe d’HEC Montréal. Elle nous explique les spécificités du BAA (Baccalauréat d’Administration des Affaires), une formation ouverte aux étudiants en post-Bac.

lepetitjournal.com : HEC Paris est très réputé en France, y a-t-il un lien avec HEC Montréal ?

Yvette Cogne : HEC Paris, HEC Lausanne et HEC Montréal sont 3 établissements créés à peu près à la même époque, il y a plus de 100 ans (HEC Montréal a été fondé en 1907). Ce sont trois écoles de commerce leaders dans leur pays. Nous avons en commun des étudiants et certains professeurs qui naviguent d’un établissement à l’autre. Les conditions d’admission et pédagogie sont différentes mais nous avons un même socle d’apprentissage à donner. HEC Montréal est la faculté de gestion de l’Université de Montréal. On l’intègre en post-Bac, d’une filière S ou ES spécialité mathématiques, avec une mention Bien.

Quels sont les points forts de cette formation ?
Notre pédagogie se distingue sur deux points à HEC Montréal :

1-    La pédagogie inversée : L’étudiant va devoir travailler en amont de son cours, faire les lectures préparatoires, et identifier ce qu’il n’a pas compris. Ces points seront discutés en cours. A partir de là, le professeur va expliquer l’application de ces concepts théoriques en entreprise. Cette méthode de travail, fondée sur l’autonomie des étudiants, surprend parfois les Français alors que les Québécois la pratiquent depuis la maternelle.

2-    Notre programme comporte des cours dans trois langues (français, anglais et espagnol). On souhaite que nos diplômés sachent travailler dans les trois langues. Nos professeurs, tous trilingues, sont d’horizons divers et apportent des visions différentes du monde. Le Canada fait partie de l’ALENA, il est important pour nous de nous inscrire dans ce cadre linguistique.

Les bacheliers français sont attirés par cette formation, pourquoi ?
Les élèves qui vivent en expatriation ne sont pas tous préparés à l’élitisme des classes prépa françaises. La vie à l’étranger peut rendre ce carcan difficile à supporter. A HEC Montréal, ils intègrent directement une école de renom, où l’ambiance et le mode de travail sont totalement différents. Les étudiants qui ont grandi à l’étranger ont l’habitude de l’interculturel et ont souvent un bon niveau de langues. Ils nous intéressent par leur adaptabilité. Il y a d’ailleurs une forte proportion d’anciens élèves de lycées français de l’étranger dans l’année préparatoire. La bouche-à-oreille fonctionne très bien !

Les étudiants français arrivant au Canada peuvent se sentir déracinés, y a-t-il un suivi spécifique pour eux ?
En venant chez nous, les étudiants sortent de leur zone de confort. Nous sommes conscients que l’accueil fait la différence. Au sein de l’école, nous avons une personne dédiée aux élèves en année préparatoire. C’est une professeur qui connaît parfaitement cette problématique, ayant elle-même fait ses études à l’étranger. Elle prend les étudiants en charge pour montrer les différences culturelles entre le Québec et la France par exemple. Les personnes en stress se réfèrent à elle. Il y a peu d’échecs, car à HEC nous leur offrons la possibilité de reprendre des cours, nous leur proposons de l’aide pour répondre aux difficultés pédagogiques et personnelles. Il y a aussi un Service aux étudiants internationaux.
Enfin, il ne faut pas négliger l’inquiétude des parents. Nous avons un réseau d’aide pour eux sur Facebook. Tous rencontrent les mêmes problèmes, plus ou moins, et le groupe Facebook permet de partager les solutions.

Quelle est la durée de la scolarité à HEC Montréal ?
Le programme Baccalauréat d’Administration des Affaires (BAA) se fait en 4 ans : il y a une année préparatoire que nous avons mise en place pour permettre la mise à niveau des jeunes Français en maths et en langues par rapport aux bacheliers québécois. Ensuite  le BAA se fait en 3 ans. En troisième année, les étudiants du B.A.A. choisissent une spécialisation. C’est donc un programme Bac +4 mais les étudiants qui valident 2 fois 6 mois de stages peuvent obtenir la certification européenne Bac+5. Dans les pays anglo-saxons les stages ne sont pas obligatoires.
Après le BAA, les étudiants peuvent continuer en Maitrise ès Sciences (M. Sc) en Gestion (qui pourrait correspondre à l’ancien DEA français), et ensuite en PHD pour pousser encore plus loin.

Quelles sont les possibilités d’échanges avec d’autres universités ?
Nous envoyons en échange nos étudiants les plus brillants. Nous avons 400 à 450 échanges par an avec toutes les grandes universités à travers le monde (dans 38 pays). En France, nous avons des échanges avec EM Lyon ou l’EDHEC mais les Français n’y ont pas accès car ces écoles veulent des étudiants étrangers. Nos étudiants français ont tendance à se tourner vers l’Asie, l’Amérique du Sud.

A l’issue du BAA, comment se passe l’insertion dans le monde du travail ?
Nous avons deux bureaux de service de gestion de carrière, à Montréal et à Paris. L’insertion se passe aujourd’hui très bien. Beaucoup d’étudiants ont fait leurs preuves même hors du Canada. Nous avons une culture d’innovation et de créativité, nos étudiants apportent des solutions différentes dans la résolution de problèmes.

Les diplômés français d’HEC ont-ils tendance à revenir travailler dans l’Hexagone ?
Nos diplômés restent au Canada pour 70% d’entre eux. Les Français ont des facilités avec l’immigration canadienne avec leur diplôme. Nos étudiants, habitués à l’international, sont des oiseaux migrateurs. Ils ne postulent pas systématiquement dans des entreprises françaises et sont très à l’aise pour travailler à l’international. Ils ont des réseaux partout dans le monde. Nous avons 4 à 5.000 diplômés en Europe (Suisse, Grande-Bretagne, Espagne, Belgique…) dont 2.500 en France. Avec 70.000 diplômés, le réseau des Alumni est très fort.

Propos recueillis par Marie-Pierre Parlange (www.lepetitjournal.com) mardi 13 octobre 2015

Ne manquez pas la présentation d’HEC Montréal sur Campus Channel le 27 octobre à 18 heures (heure de Paris). En savoir plus en cliquant ici !

 

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