Francfort

LA TIQUE – Un parasite à ne pas sous-estimer ! (Partie 1)

Tout comme l'été, l’automne est une saison qui invite à passer du temps dehors, se promener dans la nature, fouler le sol dans la forêt, faire un pique-nique dans un parc si la température le permet ou ramasser des champignons. Malheureusement ces doux plaisirs peuvent être troublés par un petit animal appartenant à la classe des arachnides et à la sous-classe des acariens : la tique. Ce parasite qui se nourrit du sang des oiseaux et des mammifères terrestres et ne dédaigne pas les humains, peut transmettre à ses hôtes des maladies graves.

(Photo commons wikimedia)

La piqûre

La taille de la tique varie de 0.5 à 6 mm, selon le sous-groupe, le stade de développement (larve, nymphe et adulte) et du moment de l’aspiration de sang. Après le repas, une tique peut être 624 fois plus lourde qu’avant, ce qui, pour un être humain, équivaut à passer de 60 kg à 37 tonnes en quelques jours ! Pour se nourrir, la tique, après s’être accrochée à sa proie, chemine lentement sur la peau (en quelques minutes à plusieurs heures parfois) pour trouver un emplacement qui lui convient, de préférence les régions à peau tendre comme les aisselles, le creux du genou ou le pli de l’aine. Muni d’un rostre, la tique se nourrit du sang de son hôte : elle pique en coupant la peau grâce à des chélicères et enfonce l’hypostome. Le terme “piquer” est bien correct car les tiques ne ”mordent“ pas. L’ancrage du rostre de la tique a d’ailleurs servi de modèle pour le développement de la cheville à expansion utilisable pour les matériaux légers. Suite à la sécrétion de substances salivaires anesthésiantes, la procédure se fait sans douleur pour l'hôte. La tique, en quelques heures, peut ainsi enfoncer son rostre complet tout en aspirant le sang et en réinjectant des substances diverses. C’est ainsi que peuvent être transmises des maladies à la victime, surtout la maladie de Lyme ou borréliose et la MEVE (méningo-encéphalite verno-estivale).

Quelques inepties encore répandues

Les tiques seraient des insectes et mordraient : Faux ! Ces deux inepties encore persistantes sont d’intérêt scientifique seulement et n’ont pas de conséquences pratiques si ce n’est pour distinguer les sources sérieuses des moins sérieuses. D’autres erreurs en revanche pourraient entraîner des conséquences fâcheuses. Chacun a accès à une connaissance plus approfondie de cette thématique complexe par le biais des médias qui délivrent des informations de plus en plus fournies. Des inepties concernant le risque d’une contamination persistent quand même. Tout d’abord penser que les tiques tombent de la cime des arbres est une des croyances les plus répandues. Par contre elles peuvent attendre leur proie postées en embuscade dans les hautes herbes ou les sous-bois, dont la hauteur ne surpasse pas 1,50 mètre. Les tiques ne se laissent pas tomber sur leur victime, mais peuvent s’accrocher en une fraction de seconde à leur proie passant à proximité en les effleurant.  Il en résulte que beaucoup de contaminations n’ont pas lieu dans la forêt, mais dans les espaces verts des villes ou dans les jardins. Une autre ineptie qui peut être fatale c’est que les tiques ne sont actives qu’à partir du début de l’été jusqu’au commencement de l’automne. Cette limitation est trompeuse, les tiques sont actives dès 7°C, donc aussi en hiver si la température reste élevée. Suite à des articles et des spots préventifs, peu de gens essaient de retirer les tiques à l’aide d’huile ou de colle, procédure dangereuse qui augmenterait le risque d’infection, parce qu’en s’étouffant la tique régurgiterait le virus ou les bactéries dans le sang. (Un terrain idéal pour les tiques : Photo IF lepetitjournal.com/francfort)

Comment se protéger ?

Il n’y a pas de protection absolue pour empêcher les tiques de s’accrocher à votre peau. Avec quelques précautions, il est possible cependant de minimiser le risque. Le moyen le plus efficace est de vous couvrir le corps lors de votre séjour dans la nature : protégez surtout les bras et les jambes, portez des mi-bas au lieu de chaussettes, n’hésitez pas à rentrer le pantalon dans les bas. L’entrée des tiques se passe le plus souvent par les jambes. On peut aussi utiliser des produits répulsifs qu’on applique sur la peau et sur les vêtements. Après la balade, un contrôle visuel et systématique des vêtements et du corps est nécessaire. C’est pourquoi on conseille généralement de porter des vêtements clairs. Pour le corps, il faut procéder aussi à un examen tactile, parce que les larves et les nymphes, c’est-à-dire les tiques dans les premières phases de développement, sont difficiles à découvrir, mais pas moins contagieuses. Bien sûr il faudrait rester sur les sentiers et ne pas s’aventurer dans les endroits susceptibles d’être habités par les tiques - ce qui n’est pas toujours facile pour ceux qui aiment ramasser des champignons ou des baies. N’oubliez pas que vos compagnons quadrupèdes peuvent être contaminés aussi, la fourrure du chien étant un endroit idéal pour s’accrocher. Enfin si vous avez un jardin, tondez régulièrement la pelouse, habillé en prenant les précautions citées plus haut, et débarrassez-vous des déchets végétaux, ainsi vous limiterez la prolifération des tiques.

Ingrid Frieg (www.lepetitjournal.com/francfort), mardi 6 octobre 2015

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