Francfort

LA TIQUE – Que faire en cas de piqûre ? (Partie 2)

Comme nous l’avons évoqué dans la première partie de notre dossier consacré aux tiques, les balades d’automne en forêt peuvent s’avérer dangereuses. Comment réagir si vous êtes piqué par une tique ?

Tique gorgée de sang
Photo Jost Jahn (Hokuzai)

L’infection

Il s’agit tout d’abord d’un virus qui peut causer la MEVE (méningo-encéphalite verno-estivale) et qui se transmet au moment de la piqûre. Il est possible de se faire vacciner, c’est d’ailleurs fortement recommandé aux personnes qui s’exposent dans les régions où le risque est élevé ou bien aux travailleurs forestiers. D’après les informations données par Dr. Jörg Bremer, directeur du service de santé publique (Gesundheitsamt) de Gießen, on connaît le chiffre exact des infections MEVE parce qu’il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire. "En Hesse le taux d’infection n’est pas très élevé ; on n’a enregistré que 18 nouvelles infections en 2014. En ce qui concerne l’autre maladie, la borréliose ou bien la maladie de Lyme, transmise par une bactérie, la situation est plus grave. Comme la déclaration obligatoire de la maladie varie selon les Länder, on ne dispose que de chiffres approximatifs, ce qui est le cas pour la Hesse où il n’y a pas de déclaration" précise-t-il. A l’aide des chiffres obtenus dans les Länder avec déclaration (les Länder de l’ancienne RDA ainsi que la Bavière, la Rhénanie-Palatinat et le pays de la Sarre) on estime le taux de nouvelles infections en Allemagne de 1000 à 1500 cas par an avec des différences régionales. Environ 3% de la population allemande est séropositive sans forcément être malade et parmi les travailleurs forestiers ce chiffre monte à 25%. Il existe un clivage net Nord- Sud : l’endémie est plus élevée dans le Sud (y compris l’Autriche et la Suisse). Le Dr. Bremer ne dispose pas de  statistiques concernant la France, mais il souligne que "l’Alsace connaît les mêmes problèmes que le sud de l’Allemagne, vu que les tiques ne s’arrêtent pas à la frontière".

Comment réagir après une piqûre

"La borréliose se développe en trois stades et les symptômes sont comparables à ceux de la syphilis, puisque les bactéries viennent de la même famille", explique Dr. Bremer. On ne peut remédier à une infection que dans le premier stade à l’aide d’antibiotiques. Évoluant normalement en trois stades, la maladie de Lyme, mal traitée ou mal diagnostiquée, peut se chroniciser, la rendant extrêmement difficile à soigner. Contrairement au virus transmetteur de MEVE, la contamination ne se fait qu’après quelques heures après la piqûre, parce que les bactéries se trouvent dans l’intestin de la tique et mettent du temps à remonter dans le rostre. Donc la mesure la plus importante est d’enlever la tique le plus vite possible. Le risque d’une infection augmente en fonction de la durée de succion. Le Dr. Bremer recommande une pince brucelles, les Zeckenkarten (cartes tiques) proposées dans les pharmacies étant souvent trop grandes pour saisir les minuscules nymphes. Il faut saisir la tique le plus près possible de la peau et la détacher sans tourner. Selon Dr. Bremer "une rotation, autrefois propagée, ne sert à rien, au contraire, vu que le rostre de la tique n’est pas un fil spiralé". Si malgré toute prudence une partie du rostre reste dans le corps humain, il n’y a pas à s’inquiéter : les bactéries se trouvent dans l’intestin. En cas d’inflammation locale, on peut consulter un médecin, mais il n’y a pas de risque de borréliose. Si au contraire on observe un érythème migrant jusqu’à environ trente jours après la piqûre, c’est la preuve sûre d’une infection de borréliose et des analyses de sang ne sont plus nécessaires, il faut immédiatement commencer avec la thérapie. Malheureusement, toutes les personnes contaminées ne développent pas un érythème migrant. Donc si quelques semaines après une piqûre vous avez des symptômes identiques à ceux de la grippe, consultez immédiatement un médecin. (Photo : Tique au bout d'un brin d'herbe, Zecke.de)

Ingrid Frieg (www.lepetitjournal.com/francfort), mercredi 7 octobre 2015

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LA TIQUE – Un parasite à ne pas sous-estimer ! (Partie 1)


 
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