CALOGERO - "Pendant 2h, je serai le lien entre les expatriés et la France"

 

Pour la première fois, Calogero se produira à Londres, sur la scène de la Scala, le 9 novembre prochain. Il y interprètera son dernier album Les Feux d’artifice.  Lepetitjournal.com de Londres est allé interroger ce chanteur engagé.


lepetitjournal.com/Londres : Dans votre album Les Feux d’Artifice vous évoquez des sujets très forts et parfois même engagés. Pourquoi avoir choisi ces thèmes ?
Calogero : Ce sont des thèmes qui me touchent profondément. J’ai écrit Le monde moderne pour parler de la situation des familles recomposées. J’ai le droit aussi aborde également un thème auquel je suis sensible : j’ai des amis homosexuels, des gens très proches de moi, que j’aime et avec qui j’ai même fait un bout de chemin dans la musique. L’autre jour, je suis tombé sur un reportage en Ukraine où des jeunes homosexuels manifestaient et se prenaient des coups de poings devant la caméra, cela m’a extrêmement choqué. 

J’ai voulu faire cette chanson pour mes amis, et la meilleure façon était en me mettant à leur place, en parlant en leur nom.



De vous à moi, en concert à Moscou le 2 octobre, je devais faire un duo avec un rappeur russe, sur Face à la mer, lui faisant la partie du rap en russe et moi la partie chantée en français. Mais quand il a appris que j’avais écrit J’ai le droit aussi, il a refusé de chanter avec moi, le duo n’aura donc pas lieu et il ne viendra même pas au concert. C’est la preuve que nous avons encore beaucoup de chemin à faire.

Dans la chanson Un jour au mauvais endroit, je raconte le drame d’Échirolles, qui m’a particulièrement touché, car c’est là que j’ai grandi. On entend souvent des histoires de bagarres, de banditisme, de drogue… Mais là, ces deux jeunes ont perdu la vie à cause d’un regard de travers un matin, qui le soir les a conduit à la mort. Je dénonce dans cette chanson la banalisation de la violence.

Est-ce que vous pensez que vos chansons font réagir les gens ? Est-ce un appel à une prise de conscience?
Un jour au mauvais endroit a clairement fait réagir oui. Je pense que les gens avaient conscience des choses dont je parle même avant mes chansons. Mais une inquiétude générale était ressentie et j’ai éprouvé le besoin de la mettre en chanson ; il y avait aussi une authenticité pour moi à chanter cette chanson car ça s’est passé là où j’ai grandi. C’est un album qui véhicule des messages forts, et les gens les ont reçus.



L’enfance est aussi un thème dominant dans votre album (Les feux d’artifice, La boîte à musique, Le Portrait).
L’enfance est un thème très inspirant, ça laisse des traces très profondes qui vous suivent toute votre vie, à travers des odeurs, des découvertes... 
Quand on est musicien, on garde aussi une grande part d’enfance. D’ailleurs, physiquement, la plupart des musiciens ne font pas leur âge : ils gardent tous une grande fraîcheur d’enfance.

Quel est votre morceau préféré dans cet album ? Pourquoi ?
Ça change souvent, mais je pense qu’il s’agit de la chanson Les Feux d’artifice. Elle évoque l’enfance : « J'étais hissé sur des épaules, Sous ces galaxies gigantesques, Je rêvais en tendant les paumes, De pouvoir les effleurer presque… » ; « Nous sommes comme les feux d'artifice, Vu qu'on est là pour pas longtemps
Faisons en sorte, tant qu'on existe, De briller dans les yeux des gens». Ce sont des mots très simples, qui veulent à la fois tout dire et rien dire. 
Cette chanson me touche particulièrement.

Est-ce que l’idée de chanter dans un autre pays vous procure une sensation différente ?
J’ai chanté il y a longtemps avec mon groupe « Les Charts », en Bulgarie. C’est une expérience que j’avais trouvée très forte. En France, on sait que la fusion que j’ai réussi à imposer avec mon style est celle d’un amour pour la chanson française avec un amour pour la Britpop. C’est une tendance que j’aime beaucoup. Venir chanter en Angleterre est donc symboliquement très fort pour moi.

Quels sont les pays où vous aimeriez jouer ou même vivre ?
J’adorerais aller jouer en Italie, le pays de mes parents, où sont mes origines.
 Et j’aimerais beaucoup aller vivre à Londres, ou même New York. Je me sens bien quand je vais dans ces villes.

Vous avez chanté une fois avec Cats on Trees un single, « Jimmy » en français et anglais. Est-ce que vous pensez que la langue française a encore un attrait à l’international ?
Je ne sais pas trop. Je sais que c’est une langue très difficile à faire sonner en chanson. Elle est moins faite pour chanter que l’italien ou l’anglais. Mais quand c’est bien écrit, c’est encore plus beau. 

Je ne chante pas trop en anglais et j’ai toujours été un peu opposé à cette idée, surtout car je ne le parle pas très bien. Mais j’aime bien, de temps en temps, mettre un peu de ‘’yaourt anglais’’ dans mes chansons, en insérant quelques petites phrases dans la langue: ça me rappelle des groupes que j’ai aimés et qui m’influencent. 

Quand les jeunes montent des groupes, la facilité est de chanter en anglais. Or, chanter en français demande beaucoup de travail d’écriture. Je veux dire par là que pour moi, la chanson française n’est pas du tout ringarde, elle est encore plus dure à chanter que les autres langues. Quand on voit un jeune comme Stromae, qui a tout chamboulé car il a réussi à bien écrire en français, on se rend compte que c’est finalement un bien plus grand défi.



Quelles sont vos attentes pour ce concert à Londres ? Est-ce quelque chose que vous attendiez depuis longtemps ?
Oui, j’avais envie depuis longtemps de chanter à Londres. Je me doute bien que le public sera majoritairement français et je n’ai pas d’attentes particulières. Pour moi, ce concert est une fête, comme si j’allais chanter en compagnie de mes amis, et le but est juste de se faire plaisir.

C’est comme si, pendant deux heures, je serai le lien entre les expatriés et la France, je leur réchaufferai le cœur avec mes chansons, pour qu’ils aient l’impression de retourner chez eux le temps du concert.

Avez-vous un message à faire passer à nos lecteurs de Londres qui vous attendent pour le concert ?

Je suis ravi de venir à Londres les rencontrer et leur chanter des chansons en français qui leur rappelleront leur pays. Je comprends pourquoi ils sont allés vivre à Londres, qui est une ville que j’aime, où j’aimerais vivre, qui correspond à ce que je pense et où les gens arrivent à vivre si bien ensemble, quelles que soient leurs origines et leurs religions. Il y a un ''vivre ensemble'' qui me paraît plus réussi dans cette ville.

Soraya Ben Aziza (www.lepetitjournal.com/londres) mardi 6 octobre 2015

Où ? La Scala, 275 Pentonville Road, King’s Cross, London N1. Tube: King’s Cross St. Pancras
Quand ?
9 novembre 2015, Ouverture des portes: 7.30pm jusqu’à 11pm (le concert commencera à 8.30pm)
Combien ?
Tickets: £30.00 (plus la taxe de réservation)
Réservez rapidement, le nombre de places est limité ! Toutes les informations pratiques sont disponibles sur
http://frenchradiolondon.com/calogero

 
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