Istanbul

SELON l’OSCE – La sécurité des élections en question

Suite aux attentats meurtriers de samedi dernier à Ankara, l’ambassadeur Geert-Hinrich Ahrens, responsable de la mission temporaire d’observation de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour les élections législatives anticipées du 1er novembre, interrogé par le quotidien Hürriyet Daily News, a estimé que la situation en Turquie n’était "pas idéale" au regard de la dégradation des conditions sécuritaires, des attaques envers les partis politiques et des atteintes à la liberté de la presse.

Tout en refusant de "tirer des conclusions hâtives", Geert-Hinrich Ahrens attire l’attention sur "la situation sécuritaire détériorée dans certaines régions du pays et son influence sur la conduite des élections". Selon les principes nationaux et internationaux, rappelle l’ambassadeur de l’OSCE, le droit de vote en démocratie doit être exempt de menace de violence ou toute autre pression, "Il est important que les électeurs ne s’abstiennent pas de voter par peur de ce qu’il pourrait arriver, parce que leur bureau de vote a été fermé et que l’endroit où ils doivent se rendre est trop loin ou trop dangereux" souligne-t-il.

Geert-Hinrich Ahrens considère ainsi que la situation dans le sud-est du pays ne permet pas à l'heure actuelle la tenue normale d’une campagne électorale. Depuis la reprise des tensions en juillet entre l'Etat et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont mis fin au cessez-le-feu prévalant depuis 2013, le gouvernement a instauré des zones militaires ainsi qu’une série de couvre-feu dans la région. Le 30 septembre dernier, le Conseil électoral suprême (YSK) a rejeté la proposition du gouvernement de déplacer les bureaux de votes situés dans les zones de conflits.

L’ambassadeur Ahrens ajoute que les agressions envers les partis politiques sont "inacceptables", en référence aux récentes attaques contre le siège du Parti démocratique des peuples (HDP) et des bureaux du Parti de la justice et du développement (AKP), tout en affirmant le rôle de prévention et de protection du ministère de l’Intérieur et de la police.

L’ambassadeur de l’OSCE rappelle que la Turquie présente une tradition d’élections "ordonnées" et espère que celle-ci perdurera. Il note enfin que "l’OSCE dispose de très peu d’observateurs, il est donc important que la société civile suive largement le déroulé des élections".

Nolwenn Brossier (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 13 octobre 2015

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DÉCÈS – La Turquie a perdu le comédien Levent Kırca

Le célèbre acteur et comédien turc Levent Kırca est décédé lundi à Istanbul des suites d’un cancer. Il avait 67 ans.

Levent Kırca avait commencé sa carrière en 1964 sur les planches du Théâtre national d’Ankara, avant d’apparaître dans d’innombrables pièces et films. Il était principalement connu et aimé du public pour son rôle dans la série télévisée satirique Olacak O Kadar, diffusée pendant 22 ans. Levent Kırca était également membre du Parti de la patrie (Vatan Partisi).

La semaine dernière, l’artiste déjà gravement malade avait reçu un prix de l’Association de cinéma et de culture de Bodrum, à l’occasion de la cinquième Semaine des films turcs de Bodrum. L’acteur n’avait pas pu récupérer son prix et c’est son fils, Oğulcan Kırca, qui avait lu devant l’audience une lettre de son père en forme de message d’adieu : “Je suis arrivé dans vos vies sur la TRT (télévision publique) en 1974. Je vous remercie de m’avoir fait une place dans vos mémoires. J’ai reçu beaucoup de récompenses dans ma vie. Certaines sont d’or mais ne valent rien, mais certaines sont minuscules et malgré tout sans prix. Soyez justes, soyez patients. J’espère vous revoir dans un meilleur monde.”

Istanbul (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 13 octobre 2015

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PRIX NOBEL DE CHIMIE – Aziz Sancar : “Envoyez vos filles à l’école !”

Le scientifique Aziz Sancar, vainqueur cette année du prix Nobel de chimie avec deux de ses collègues, a appelé jeudi les parents de son pays natal – la Turquie – à “envoyer leurs filles à l’école”. “De Mardin à Kars et à Edirne, nous devons enseigner les sciences à nos enfants. Nous devons en particulier envoyer nos filles à l’école. Si nous ne le faisons pas, nous perdons la moitié de notre force humaine”, a plaidé le chercheur originaire de Mardin (sud-est). “J’appelle en particulier mes frères de l’est et du sud-est (de la Turquie) à envoyer leurs filles à l’école” a-t-il lancé ce 8 octobre, “Journée internationale des filles”.

Selon le ministère turc de la Famille et des Politiques sociales, 26% des femmes turques sont mariées avant l’âge adulte. La moitié des femmes mariées avant 18 ans subissent des violences de la part de leur époux. Ce taux est de 27% chez les femmes diplômées du lycée, et de moins de 20% chez celles qui sont diplômées de l’université. Toujours selon les chiffres du ministère, 31% des femmes interrogées en Turquie déclarent avoir été empêchées de poursuivre leurs études (à 71% par leur père). Ce pourcentage dépasse 40% dans les zones rurales.

Mercredi, le Suédois Tomas Lindahl, l’Américain Paul Modrich et le Turco-Américain Aziz Sancar ont reçu le prix Nobel de chimie pour leurs travaux sur le mécanisme de réparation de l'ADN. Aziz Sancar, né en 1946 à Savur (province de Mardin) en Turquie, est actuellement affilié à l'Université de Caroline du Nord. “Ma mère et mon père ne savaient ni lire ni écrire”, a confié le chercheur. Avant de poursuivre : “Mais nous avions de très bons professeurs. Entre 10 et 15 de mes camarades de classées sont devenus professeur d’université. L’éducation est ce qu’il y a de plus important”, a insisté le détenteur du prix Nobel, qui plaide pour un meilleur enseignement “de la physique, de la chimie, de la biologie et de la technologie en Turquie”.

Membre de l’Académie nationale des sciences (Etats-Unis) depuis 2005, Aziz Sancar est diplômé de la faculté de médecine de l’Université d’Istanbul (1969). Après deux ans de pratique médicale dans sa province de naissance, Aziz Sancar a mené un doctorat sur l’enzyme photosensible de la bactérie Escherichia coli à l’Université du Texas (1977), puis des recherches post-doctorales sur la réparation de l’ADN à l’Université de Yale. Il enseigne la biochimie à l'Université de Caroline du Nord, Chapel Hill. Il est l’auteur de 288 articles scientifiques et de 33 chapitres dans divers ouvrages publiés.

Avec son épouse, Gwen Boles Sancar, également professeur dans la même institution, ils ont fondé en 2007 la Carolina Türk Evi, un centre culturel proche du campus de l'Université de Caroline du Nord. Ce centre fournit un hébergement à quatre chercheurs turcs de l’université, accueille pour de courtes périodes des professeurs turcs invités et promeut les échanges turco-américains.

Istanbul (www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 9 octobre 2015

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SYRIENS – Ebauche d’un accord entre l’UE et la Turquie

Bruxelles et Ankara se sont mis d’accord sur un “projet de plan d'action pour le soutien aux réfugiés et la gestion des migrations” à l’occasion d’une visite du président turc Recep Tayyip Erdoğan en Belgique lundi et mardi. “L'objectif est d'aider la Turquie à gérer l'afflux massif de réfugiés auquel elle est confrontée et à prévenir des flux migratoires irréguliers de personnes quittant la Turquie vers l'Union européenne”, précise la Commission européenne dans un communiqué.

Ce plan – dont une version provisoire a été publiée mardi – prévoit la mobilisation de fonds européens (un milliard d’euros pour l’aide humanitaire, sanitaire et psychologique aux Syriens et aux Irakiens présents en Turquie, ainsi que pour faciliter leur intégration) mais aussi l'accueil en Europe d’une partie des réfugiés qui affluent en Turquie, en échange de l'ouverture de centres d'accueil de demandeurs d'asile sur le territoire turc.

Les Européens attendent notamment de la Turquie qu'elle ouvre six "centres de réception" de réfugiés cofinancés par l'UE, une perspective jusqu'ici rejetée par le gouvernement turc. Ils demandent aussi davantage de patrouilles et d'opérations de secours au large de ses côtes, et qu’Ankara reprenne les migrants économiques renvoyés par l'UE. Les personnes en demande de protection auraient également un meilleur accès au marché du travail turc et aux services publics nationaux, dont le système éducatif.

La mise en œuvre de ce plan d'action "va contribuer à accélérer le processus de libéralisation des visas" pour les Turcs voulant voyager en Europe, a assuré la Commission européenne. “Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a transmis un projet de plan d’action. Il a été décidé de créer un groupe de travail commun au sujet des migrations entre la Turquie et l’UE. Le projet en question sera discuté au sein de ce groupe de travail. A ce stade, un accord n’a pas été trouvé”, a commenté de son côté le ministère turc des Affaires étrangères dans la soirée de mardi.

Le plan va donc être négocié, avec l’objectif de soumettre des conclusions éventuelles aux chefs d’Etat et de gouvernement, qui se réuniront en sommet les 15 et 16 octobre à Bruxelles.

Istanbul (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 8 octobre 2015

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FLÉAU - Toujours plus de morts au travail

 Au cours des neuf premiers mois de 2015, 1.317 personnes ont trouvé la mort sur leur lieu de travail en Turquie, rapporte le quotidien Today’s Zaman, s’appuyant sur un rapport du Conseil d’Istanbul pour la santé des travailleurs et la sécurité du travail (İSİG). Ce rapport, qui pointe du doigt des négligences dans l’application des normes de sécurité, déplore l’absence d’améliorations par rapport à l’année précédente. Il y a ainsi eu plus de morts (177) en septembre 2015 qu’à la même période l’année précédente (155). Le rapport précise que sur ces 177 personnes ayant perdu la vie au cours du mois de septembre, neuf étaient des ressortissants syriens, 17 étaient des femmes et neuf étaient des enfants. Des chiffres qui relancent une fois de plus le débat sur le travail des mineurs en Turquie

La plupart des victimes sont mortes de chute, d’électrocution ou au cours d’un effondrement, souligne le rapport. Le secteur agricole, celui de la construction et celui de d’industrie des transports sont les plus meurtriers. Les provinces d’Istanbul, Antalya et Hatay ont enregistré le plus grand nombre de victimes le mois dernier.

L’industrie minière, connue pour ses conditions de travail dangereuses, déplore elle aussi de nombreux morts, comme l’a rappelé la tragédie de Soma en mai 2014 : 301 mineurs avaient perdu la vie dans une mine de la province de Manisa. En tout, 364 miniers sont morts en 2014, et dix en septembre 2015.

Farida Ouriachi (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 7 octobre 2015

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OR – Deux fois plus d’épargnants en Turquie

Le nombre de personnes choisissant d’épargner en or a doublé en Turquie au cours des trois dernières années, rapporte l’agence de presse Anadolu, qui révèle cependant que 42% des Turcs n’épargnent pas. Selon l’enquête "Alphabétisation financière" réalisée par le Conseil des marchés de capitaux de Turquie (SPK) en collaboration avec d’autres organismes*, près de 25% de la population a préféré l’épargne en or en 2015 contre 11,8% en 2012.

Le résultat de cette enquête, qui prend en compte l’avis de 3.000 personnes, reflète l’attrait croissant de ce métal précieux en Turquie, quatrième consommateur mondial d’or avec 180 tonnes par an, soit 6% de la demande globale. Cette étude met également en avant une augmentation de l’épargne en devises étrangères, qui serait passée de 4,3% en 2012 à 10,5% en 2015.

Selon l’agence Anadolu, la dernière enquête "Alphabétisation financière" signale aussi une amélioration des compétences mathématiques et de la compréhension des mécanismes financiers au sein de la population turque. Ainsi, alors que 84% des sondés déclaraient pouvoir réaliser une opération mathématique simple en 2012, ce pourcentage est passé à 93% en 2015. De même, le pourcentage de personnes affirmant pouvoir appliquer un taux d’intérêt pour calculer le montant de leur dette est passé de 72,5% à 84%.

Farida Ouriachi (www.lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 7 octobre 2015

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*Borsa Istanbul, l’Association des marchés des capitaux turques, Takasbank, l’Unité d’enregistrement centrale.

FRONTIÈRE SYRIENNE – Ankara accuse la Russie d’avoir violé son espace aérien et “harcelé” deux de ses avions

Des chasseurs F16 de l’armée turque ont intercepté samedi 3 octobre un avion de chasse russe qui violait l'espace aérien turc à la frontière syrienne (province de Hatay), obligeant le pilote russe à rebrousser chemin, a annoncé lundi le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué. L’ambassadeur de Russie à Ankara a été convoqué et s’est vu signifier la “vive protestation” des autorités turques.

Dans un autre incident, l’armée turque a annoncé lundi sur son site internet que deux de ses chasseurs F-16 avaient été “harcelés” dimanche lors d’une mission de patrouille à hauteur de la frontière syrienne par un Mig-29, un type d'appareil utilisé par les armée russe et syrienne.

Interrogé en direct à la télévision lundi, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a accusé la Russie d'avoir provoqué une nouvelle escalade du conflit syrien en intervenant militairement pour soutenir l’armée de Bachar al-Assad, le président syrien. "Les Russes nous ont dit ce matin qu'il s'agissait d'une erreur, qu'ils respectent les frontières turques et que cela ne se reproduirait plus", a déclaré le chef du gouvernement. "Les règles d'engagement turques s'appliquent à tous les avions, qu'ils soient syriens, russes ou d'autres pays. Les forces armées turques ont reçu des consignes claires. Les mesures nécessaires seront prises contre quiconque viole les frontières de la Turquie, même si c'est un oiseau", a-t-il ajouté.

Ankara a exigé de la Russie qu’elle “évite une répétition” de ces incidents. Le cas échéant, “la Fédération de Russie serait considérée responsable de tout événement non voulu”, précise le communiqué du ministère des Affaires étrangères, qui ajoute que le chef de la diplomatie turque, Feridun Sinirlioğlu, a téléphoné à son homologue russe Sergueï Lavrov. Feridun Sinirlioğlu s’est également entretenu de cet incident avec ses homologues américain, français, britannique et italien, ainsi qu’avec le secrétaire général de l'Otan. Ce dernier, Jens Stoltenberg, a d’ailleurs convoqué lundi une réunion des membres de l’Alliance atlantique pour en discuter, rapporte le quotidien Radikal.

Dimanche, peu avant son départ pour la France puis la Belgique, le président turc avait jugé “inacceptables” les frappes récentes de l’armée russe en Syrie, estimant que Moscou commettait une “grave erreur” en s’engageant de la sorte dans le conflit syrien, sous couvert de s’en prendre au groupe État islamique (Daech). La crise dans ce pays voisin de la Turquie est l’un des principaux points de discorde entre Ankara – qui réclame depuis quatre ans le départ de Bachar al-Assad – et le Kremlin, soutien indéfectible du président syrien.

Istanbul (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 6 octobre 2015

 

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