Milan

EXPO 2015 - Pavillon Etats-Unis : American food 2.0

Faire prendre conscience à chaque visiteur qu’il est un parmi 7 milliards d’habitants de la planète, c’est l’objectif affiché à l’entrée du pavillon américain. La mission fixée par Barack Obama ? Comment nourrir 9 milliards d’humains d’ici 2050. Pour y parvenir, les Etats-Unis misent tout sur leurs capacités à produire, grâce notamment à leurs traditions et à l’esprit innovant et entrepreneurial des agriculteurs.

Un petit morceau des Etats-Unis à Milan, voilà le concept voulu par l’architecte new-yorkais du pavillon, James Biber. Les 3.250 mètres carrés de superficie ont été pensés pour représenter et incarner au mieux les Etats-Unis au milieu des 335.000 mètres carrés du site Expo 2015. De l’escalier d’entrée fait avec des planches en bois tout droit venu de Coney Island et récupéré de l’ouragan Sandy en 2012, au message vidéo de bienvenue du président Barack Obama, sans oublier l’immense drapeau sur la façade de l’édifice et le rooftop de 3.000 mètres carrés avec une vue panoramique sur l’ensemble du site.

Le thème choisi est "American food 2.0", et en effet, le pays a tout misé sur sa production alimentaire pour répondre aux prérogatives d’Expo 2015. Dès votre arrivée, vous entendrez des voix. "Voices of the land" récitent la prière traditionnelle de Thanksgiving, appelée Ohenten Kariwatekwen. Un message de paix et de gratitude envers la terre, la mère nature. En parcourant le pavillon, vous y découvrirez les techniques d’agricultures, les perspectives d’industrialisation des aliments, la politique appliquée en faveur d’une nutrition équilibrée, l’évolution historique de la gastronomie et, enfin, la dégustation de plats à la fois typiques et innovants.

La ferme verticale

La pièce maîtresse du pavillon est la ferme verticale la plus grande jamais réalisée. Sur toute la façade de 2.000 mètres carrées, poussent 42 types de plantes, herbes aromatiques et céréales. Une structure emblématique de l’agriculture urbaine américaine du futur. Tout d’abord, elle permet d’optimiser l’espace occupé par les immeubles, et les gratte-ciel dans les grandes villes. Ensuite, la ferme verticale est régie par l’aquaponie, un système qui permet d’économiser beaucoup d’eau, en irriguant les plantes avec une eau surchargée en minéraux (bons pour la santé). Pour favoriser leur croissance, les plantes sont incrustées sur des panneaux automatisés qui peuvent suivre le soleil, et répondre ainsi à leur besoin de lumière.

Cultiver sa propre alimentation en milieu urbain, particulièrement sur les toits des immeubles, est une solution déjà efficace aux Etats-Unis. "Un moyen de se réapproprier son habitation, et surtout de donner accès à une nourriture saine, locale, abordable, à tous", explique Karen Washington, directrice du Garden of Happiness à New-York. Vous pourrez entendre son témoignage dans l’une des nombreuses vidéos projetées sur les colonnes de la salle principale. Le but est de valoriser le savoir-faire américain en donnant la parole directement aux acteurs. Ainsi, vous pourrez regarder les mini-documentaires où plusieurs agriculteurs, entrepreneurs, racontent ce qu’ils font aujourd’hui pour demain.

Les héros de l’agroalimentaire

L’esprit entrepreneurial, c’est sacré aux Etats-Unis. Le pavillon a choisi de mettre en valeur la parole et l’expérience de certains de ces hommes et femmes qui agissent pour trouver des solutions au thème “Nourrir la planète. Energie pour la vie“. C’est par exemple, Myra Goodman, qui avec sa société Earthbound Farm, produit 1,3 milliard de salades bio chaque année. Jennifer kemmerly, développe au Monterey Bay Aquarium l’élevage de poissons, qui est la première source de protéines pour des milliards de personnes, afin de préserver ceux des océans. Ou encore, Glenn Roberts, qui a réussi à cultiver à nouveau une espèce de riz déjà consommée par les indigènes, mais qui avait disparue. Pour ce faire, il a utilisé la polyculture. Une technique inventée au Népal, qui consiste à cultiver plusieurs types de plantes, légumes, herbes, fleurs et fruits, ensemble sur le même terreau.

D’autres solutions innovantes sont à la disposition de ces agriculteurs 2.0. L’agriculture de précision est notamment répandue. Elle utilise des technologies satellites qui permettent de mesurer avec exactitude la température de l’air et du sol, la taille des plantes, les conditions du vent, et déterminent le moment idéal pour récolter. Une technique grâce à laquelle les rendements augmentent de 5% tous les deux ans, tout en utilisant moins d’eau, de carburant et de fertilisant. L’agriculture de précision pourrait permettre d’accroître la production de boisseaux de maïs, aliment très nourrissant, de 25%. Une opportunité formidable pour le pays, surtout si l’on considère que les Etats-Unis en est le plus important exportateur mondial. Le maïs occupe une place essentielle dans l’industrie américaine, il est à 39% utilisé pour des fins alimentaires et à 38% transformé en carburant et en alcool.

Les Etats-Unis appliquent une politique favorable à l’innovation dans le secteur agroalimentaire. Le programme Feed the future a investi près de 600 millions d’euros dans la recherche et développement pour notamment trouver le moyen de préserver les céréales (source des 2/3 de l’énergie humaine), du changement climatique. Un engagement qui commence à porter ses fruits, en particulier avec la découverte du maïs résistant à la sécheresse.

Du hamburger au restaurant raffiné 

2 milliards de personnes souffrent d’obésité ou de surpoids dans le monde. Aux Etats-Unis, cela concerne plus de 62% de la population (le taux d’obésité pure s’élève à 25%). Un enjeu de santé publique majeur que le pays prend au sérieux. Pour contrer cette tendance, une politique éducative est mise en place. Comme ce site choosemyplate.gov, pour sensibiliser à une alimentation équilibrée. L’importance cruciale d’une bonne nutrition durant les 1.000 premiers jours de vie est soulignée. Réinventer le mode d’alimentation et se débarrasser des clichés sur la gastronomie américaine est donc fondamental.

Au sous-sol du pavillon, vous êtes invités à redécouvrir l’histoire et l’évolution de l’art culinaire. Sept vidéos d’une minute, pour apprendre, entre-autres, les variances du traditionnel barbecue selon les états : en Caroline, le porc ; en Alabama, le poulet ; dans le Kentucky, le mouton et au Texas, le bœuf. Les spécialités de chaque zone sont aussi valorisées, le Midwest pour ses céréales, le Southeast pour sa cuisine épicée.

Vous pourrez passer de la théorie à la pratique en vous rendant au Food Truck Nation. Un ensemble de petits camions-kiosques où vous pourrez goûter des plats typiques, hamburger, lobster roll (une moyenne de 15 euros), le cadre est vraiment dépaysant ! Pour apprécier une cuisine plus raffinée, le pavillon a créé son propre restaurant en ville, The James Beard American Restaurant, situé au Seven Stars Galleria Hotel au coeur de la Galleria Vittorio Emanuele II. Un menu au prix unique de 95 euros (5 plats et un verre de vin). Tout au long d’Expo 2015, les plus grands chefs américain, tels que Daniel Humm ou David Kinch sont venus y cuisiner. Des chefs italiens ont également été invités à réinventer la cuisine américaine. Deux fois par mois, le restaurant offre un menu Thanksgiving, de quoi se sentir comme “un américain à Milan“ !

Sanaa Nabi (lepetitjournal.com de Milan) - jeudi 8 octobre 2015

Crédits photos : Pavillon USA Expo 2015


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